vendredi 19 décembre 2014

Climat : ce que vous avez manqué du Sommet de Lima

Par Pierre-Guy Veer.
greenpeace credits Linh Do (licence creative commons)
Le sommet de Lima sur l’environnement s’est conclu récemment. Plusieurs dénoncent cet accord,trop dilué pour établir des cibles claires de réduction de CO2. Pas que ça ait de l’importance : malgré une hausse continue de ses émissions, les températures stagnent depuis 18 ans, les glaces polaires sont en pleine santé – l’Antarctique est même plus épais « que prévu » – et les tornades aux États-Unis sont toujours largement sous la moyenne.
Toutefois, ce qui aurait dû retenir l’attention sont ces trois événements, qui révèlent la profonde misanthropie du sommet.
Faites ce que je dis…
Tout d’abord, on ne peut passer sous silence « l’empreinte écologique » du sommet. À l’heure des télécommunications qui nous permettent de communiquer presque instantanément d’un bout à l’autre de la planète, *certains* sentent encore le besoin de se déplacer en masse aux frais des contribuables.
Non seulement ça, mais les conférenciers sont incapables de vivre à la hauteur des attentes qu’ils ont de la plèbe. La conférence s’est tenue sur une structure flambant neuve avec la superficie de 11 terrains de football (avec des composantes importées de France), où tous les services modernes ont dû être construits. De plus, parce que les panneaux solaires « ne sont pas fiables », l’électricité provenait exclusivement de génératrices au diesel. Dire qu’on veut « se débarrasser » des énergies fossiles d’ici 2050… Finalement, les conférenciers se sont tous déplacés dans des autobus fonctionnant aux énergies fossiles.

vendredi 5 décembre 2014

Quand la SNCF veut saccager le Sauternes !

Le Point publie l'article suivant : "Quand la SNCF veut saccager le Sauternes !": 

"Vouloir à tout prix - et c'est le cas de le dire - construire des lignes à grande vitesse (LGV) n'importe où en France est devenu une maladie qui non seulement coûte horriblement cher et n'est pas remboursée par la Sécurité sociale, mais, en plus, risque d'occasionner des dégâts irréversibles. C'est bien le problème posé par la LGV double Bordeaux-Toulouse et Bordeaux-Dax, et son monstrueux aiguillage géant situé en plein coeur de l'écosystème qui permet aux grands vins de Sauternes d'être connus dans le monde entier.
Ce projet, dont l'enquête d'utilité publique se termine actuellement, bénéficie d'un budget de 9,5 milliards d'euros pour une ouverture des lignes et de leur tronc commun prévue en 2024. Il est question de raser 4 800 hectares de terres agricoles et de forêts, mais également d'implanter un aiguillage géant dans la zone humide du Ciron, coupant cette rivière en trois endroits avec trois viaducs et massacrant près de trente de ses affluents. Or cette rivière et tous ces ruisseaux sont à l'origine de la "pourriture noble" des raisins de Sauternes et Barsac, grâce à laquelle les 170 vignerons de cette appellation peuvent élever et produire des vins liquoreux uniques au monde, dont le célébrissime Château d'Yquem.

"Un joujou français"

La Cour des comptes a dénoncé maintes fois, et encore mi-octobre dernier, les dérives du tout-TGV dont le modèle n'est plus tenable dans les années à venir, mais la SNCF et sa société soeur, Réseau ferré de France (RFF), poursuivent leur travail de sape."


On a donc à la fois un projet non écologique et ruineux pour les contribuables, puisqu'on sait que le TGV se révèle progressivement être un gouffre financier. A suivre ...


vendredi 28 novembre 2014

L'initiative «halte à la surpopulation» Ecopop : quand l'écologie est conservatrice

Ce week end, nos voisins et amis Suisses votent !

On ne soulignera jamais à quel point ce petit pays reste et demeure un exemple de démocratie en Europe. Nous français avons des leçons à prendre.

Et sur quoi votent-ils ? Sur l'Initiative populaire fédérale "Halte à la surpopulation - Oui à la préservation durable des ressources naturelles" qui émane de l'association écologiste Suisse Ecopop, une association qui date des années 70.
L'initiative populaire propose également de promouvoir le malthusianisme dans le tiers-monde, dans les pays bénéficiant de l'aide au développement de la Suisse. Ainsi, 10% de l'aide au développement de la Suisse serait affectée à des moyens de planification familiale.

Cette initiative est très intéressante par rapport à ce qu'elle raconte des contradictions de l'écologie. Elle ne semble pas trouver un écho particulier dans les médias, si ce n'est pour souligner l'incrédulité des progressistes type Libération, qui titre "L’immigration, une menace pour l’environnement helvétique ?". Les libéraux, eux, rejettent le malthusianisme d'Ecopop (voir Contrepoints) ou le soviétisme induit par une telle initiative (voir le blog DJ et Liberté).

Ce qui est certain, c'est que les écolos n'aiment pas vraiment qu'on leur rappelle qu'à la base, l'écologie politique n'est absolument pas une idéologie de "gauche progressiste", mais bien un dirigisme totalement en phase avec les systèmes totalitaires et extrémistes des années 30.
Ils n'aiment pas se souvenir du fait que l'un des fondateurs de Greenpeace, feu le Prince Bernhard des Pays-Bas, ancien membre du Parti Nazi, était aussi mû par des idéaux malthusiens.

Ecopop et autres n'ont pourtant pas besoin d'un cadre ultra dirigiste et totalitaire pour garantir leur tranquillité et la préservation du mode de vie Suisse. Il suffit qu'ils s'attachent au bon fonctionnement du marché, notamment au respect du droit de propriété, pour qu'un pays de copropriétaire s'auto régule naturellement. Durant les dernières décennies, la Suisse, libérale, a prouvé qu'on pouvait être un pays à fort taux d'immigration et à fort respect de l'environnement.

jeudi 13 novembre 2014

L'eau ne paye plus l'eau

En septembre dernier, l'ADEME nous prévenait : l'Etat était en train de casser le principe "l'eau paye l'eau" (principe rappelé sur le site web du ministère de l'environnement)


Aujourd'hui, nous y sommes, cf les dernières discussions budgétaires
http://www.assemblee-nationale.fr/14/cri/2014-2015/20150054.asp 



samedi 25 octobre 2014

"La nature a toujours été hostile", Corentin de Salle, Le Soir, 22 octobre 2014

Le philosophe Corentin de Salle défend une conception libérale de l'écologie. Nous lui avons demandé de réagir aux idées avancées par Matthieu Ricard et autres auteurs défendant les animaux.


Le SOIR: Quelles objections formulez-vous à cette idée très syncrétique selon laquelle l'homme fait pleinement partie de la Nature et qu'il n'y a pas à la mettre à sa botte ?


Corentin de SALLE : Je ne condamne pas cette évolution en tant que telle car je pense qu'il s'agit d'une avancée civilisationnelle. La souffrance animale est une réalité. Le fait que l'homme y soit plus sensible est la preuve que nos sociétés, à mesure qu'elles prospèrent, se soucient du bien-être des autres êtres vivants.
Cela dit, j'ai quelques objections sur les idées véhiculées dans ces ouvrages qui paraissent aujourd'hui. J'en formulerai quatre.

La première a trait au fait de faire croire que la nature nous a offert ses dons, qu'on aurait profité des conditions environnementales très favorables ces 10.000 dernières années. C'est une conception naïve, animiste de la nature. Quand on regarde l'histoire humaine, on se rend compte que la nature a toujours été hostile, et que l'homme a réellement dû se battre pour la rendre habitable, et même pour l'améliorer à bien des endroits.

La deuxième objection, cest cette conception de la nature comme un tout harmonieux, où chaque chose est à sa place, et au sein de laquelle on doit avoir des relations de « bon voisinage ». Cela ne correspond pas du tout à la réalité naturelle. Ce que nous apprend la science, c'est que la nature
n'est pas un système fixe, où chacun doit occuper une place déterminée dont il ne peut sortir, avec des interactions constantes, etc. C'est au contraire un système dynamique qui ne cesse de se recomposer et de se réinventer. C'est dailleurs cette capacité de la nature à se réinventer, à se régénérer, à se défendre contre les agressions qui est passionnante. Aujourd'hui, la toundra se réchauffe et reverdit entièrement. Les déchets plastiques dans certaines zones de l'océan ont donné naissance à toute une nouvelle faune et une nouvelle flore. Etc.

La troisième objection, c'est l'idée selon laquelle on pourrait interpréter ce que veut la nature. Comme on la considère comme un sujet de droit, on lui prête une conscience, des désirs,... Non, l'animal n'est pas une personne comme le croit quelqu'un comme Giesbert. Il n'est pas une personne car il lui manque une qualité essentielle: la liberté. Seule la liberté confère des droits. Je ne parle pas ici de la captivité des animaux mais du fait qu'ils sont prisonniers de leurs codes comportementaux. L'homme est libre car il n'a pas d'essence. Son essence est de ne pas avoir d'essence. Même un animal vivant à l'état sauvage est incapable d'être libre car il agit en fonction d'instincts et des scenarii programmés. Dès lors, cela n'a aucun sens de lui conférer des droits. Ce ne sont pas des sujets de droit mais des objets de responsabilité.

Enfin la quatrième objection, c'est cette culpabilisation par rapport au fait de consommer des animaux. En réalité, je pense que c'est quand nous consommons de la viande que nous nous comportons de la manière la plus naturelle. Tous les animaux carnivores le font et, quand nous le faisons, nous nous rapprochons d'eux.


Le SOIR: Reste qu'on en consomme énormément. Trop...


Corentin de Salle: On en consomme énormément, mais on a adapté le nombre total d'animaux dont on a besoin pour vivre. Comme l'a dit l'économiste américain Henry George il y a plus d'un siècle, "une augmentation de la population de faucons conduit à une diminution de la population de poulets, tandis qu'une augmentation de la population humaine conduit une augmentation de la population de poulets...".
Alors, l'idée qu'il y ait des souffrances inutiles engendrées pas cela, je ne le conteste pas et il faut lutter par rapport à ça. Les progrès technologiques peuvent nous y aider. On arrive désormais à fabriquer de la viande synthétique à partir de cultures de cellules. On en est encore aux balbutiements mais cela permettrait de diminuer la souffrance animale dans le monde et de faire des économies considérables d'énergie et de ressources.

Cela dit, le discours de Ricard par rapport à cela nest pas vraiment neuf. Tout cela vient de la Deep Ecology (terme forgé par le philosophe norvégien Arne Næss au début des années 70, NDLR), qui s'enracine elle-même dans l'utilitarisme de Jeremy Bentham (1748-1832), lequel comparait lui aussi les souffrances humaines et animales. L'écologisme bobo bien-pensant a donné une seconde vie à cette tradition. Même Aymeric Caron, l'un des papes du politiquement correct de la gauche, a commis un ouvrage sur le sujet. C'est tout dire...