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dimanche 13 septembre 2015

« Les divergences entre écologistes et communistes ne sont pas insurmontables », vraiment ?

"Et si communistes et écologistes travaillaient ensemble ? Et si le fossé qui les sépare n’était pas infranchissable ? C’est l’idée lancée par Caroline de Haas, militante féministe. Elle prône l’alliance de la gauche pour sortir du marasme actuel" et donne pour cela une interview à Reporterre.

Problème : l'idée que les divergences entre écologistes et communistes ne sont pas insurmontables n'a aucun sens.

Prenez les statuts d'EELV : le parti écolo y rappelle ses valeurs, et elles se fondent sur

  • "La défense de la biodiversité et du vivant, instaurant un rapport respectueux et non violent entre l’être humain et la nature"
  • "Le refus du nucléaire"
  • "L’engagement dans la construction d’une Europe fédérale, sociale, écologique et démocratique."
On constate notamment que les écolos sont pour la "promotion de la diversité linguistiques et la défense des cultures régionales, et ce depuis des années (2)



Est-ce que le régionalisme consubstantiel à l'idéologie écolo est compatible avec le communisme ?

Rien que de regarder le volet "écologie" du Parti Communiste Français est un gag. Y figure en bonne place "Non au dépeçage d'AREVA" et "besoins d'investissements pour la prolongation de vie des centrales nucléaires" ou "fleurons de notre indépendance énergétique".

Le programme du PCF-FDG en matière d'écologie ?

  • Créer un pôle 100% public de l'énergie comprenant EDF, GDF, Areva et Total et engager un débat public national sur la politique énergétique en France.
  • Mettre en place une taxe kilométrique pour réduire les transports de marchandises évitables et développer les transports publics de qualité.
  • Lutter contre la marchandisation des ressources naturelles, par exemple par la création d'un service public national de l'eau.


Sans même rentrer dans le débat sur les 100 millions de morts du communisme, on voit qu'il y a peu de projets qu'EELV et le PCF pourraient partager, en 2015. La charte des langues régionales ? Mélenchon la qualifie de  "nouvelle agression contre l'unité et l'indivisibilité de la République".
Fessenheim ? Le PCF fait circuler une pétition contre cette fermeture promise par Hollande. L'ecotaxe ? Sa suspension était la seule décision possible pour le PCF.

L'écologie n'est pas de gauche et la gauche ne peut pas être écologique.
Combien d'exemples concrets faudra t-il montrer pour prouver cette évidence ?






(1) Reporterre « Les divergences entre écologistes et communistes ne sont pas insurmontables » 12 septembre 2015
(2) Alerte Environnement Les origines étranges du régionalisme écologiste 8 avril 2009





Voir aussi 


Marxisme, communisme et gestion des ressources naturelles
Chute du Mur de Berlin - 9 Novembre 1989
L'écologie n'est pas de gauche : exemple de la consommation de viande
Les ecolos ne peuvent pas être socialistes, exemple : le péage urbain

mercredi 4 mars 2015

7 Reasons Why Socialism Is Bad For The Environment

Capitalism gets a bad rap when it comes to environmental issues. And yet, when you look at the most polluted areas of the world, what’s the one thing they all have in common? Socialism!


 #1. Where socialism thrives, the environment dies.


la suite : The Libertarian Republic

mercredi 27 février 2013

Les socialistes rattrapés par la réalité - Le Parisien Libéral






Tout est peut-être parti de cet incroyable mensonge sur la crise dont parlait Libertarien : nier la responsabilité des Etats dans la crise. Ca a permis à Hollande de mener cette campagne de déni. 

Pourtant, rappelle Humeurs de Vaches, En politique, la méthode Coué ne fonctionne pas


En effet, citons Opposition Républicaine : "c’est dorénavant acquis, le France ne sera pas en mesure de respecter ses engagements budgétaires européens pour 2013 sur les 3% de déficit public. Idem pour les prévisions de croissance ! Autre engagement présidentiel également dénoncé, la courbe du chômage ne sera pas inversée cette année ! Alors, notre Président, menteur ou amateur ?" 


Il faut dire que les socialistes ont depuis longtemps perdu leur crédibilité. 

Prenez une personne comme Delphine Batho, qui n'avait pas vu le retour des farines animales, comme le note Un Raleur de Plus. 
Prenez une banquière nommée Ségolène Royal, comme le mentionne Thierry Vimal. 
Prenez Vincent Peillon et ses 60 000 postes dont parle l'Hérétique. 

A chaque fois, ça va dans le même sens : celui d'incapables et d'illusionnistes, qui, faute de pouvoir et de vouloir agir sur le réel, commentent la mort de Stéphane Hessel (voir le blog de Corto 74), luttent contre les riches au cinéma (lire Jean-Paul Huchon en lutte contre les riches au cinéma sur le blog de h16 hashtable) ou grignotent nos libertés, ou encore, comme l'analyse Guy Sorman,s'occupent de qui peut se marier ou non, au lieu de laisser les individus s'organiser librement.

Du coup, comment s'étonner que, comme le note Toujours Plus Libre, Plus que jamais, les jeunes français pensent à l’étranger. A moins que la bonne solution ne soit celle que propose La Lime : la grève des impôts ? En attendant, on peut osciller entre l'espoir raisonné que Christian Saint-Etienne développait il y a quelques jours devant le Parti Libéral Démocrate (voir le blog de l'insolent Pouvons-nous sortir de cette désespérance ?) ou une vision plus pessimiste. Quand est ce que les français comprendront qu'il faut se débarrasser de cet étatisme qui les drogue et les étouffe, se demande Libertarien ? 

Parce que le pire, dans tout cela, est que les français, gavés d'antidépresseurs comme le note Nouvelles de France,voient bien que l'ultra étatisme ne les protègent pas.  Les français ne sont pas ce peuple libre et joyeux que la propagande socialiste essaye de nous vendre. 



Nous sommes déjà à 56.7% du PIB en dépense publique, rappelle Contrepoints. L'argent public ne fait pas le bonheur, assurément

lundi 19 novembre 2012

Ayrault est un petit politicien de province sans imagination" (Mélenchon)

Dernière déclaration de Mélenchon 

Ayrault est un petit politicien de province sans imagination ?
Jean-Marc "Ayrault est un petit politicien de province sans imagination", a déclaré dimanche le co-président du Parti de gauche (PG) Jean-Luc Mélenchon, invité de l'émission "C politique" sur France 5. "Il l'a dit lui-même! Quand il est allé avec les dix autres ministres caresser le Medef sur la tête (...), il a dit 'ah bah moi à Nantes, je reçois les chefs d'entreprise et ça ne pose pas de problème'", a poursuivi Jean-Luc Mélenchon, avant d'enchaîner: "vas-y, retournes-y à Nantes (...), le sujet quand on est le Premier ministre de la France c'est pas de se dire 'je le faisais déjà à Nantes', c'est de penser la grandeur, la splendeur de notre patrie et ce qu'elle est capable de faire".


Des propos sous forme de réponse 


Interrogé par Jean-Jacques Bourdin sur les critiques de Jean-Luc Mélenchon à l'égard du gouvernement, le premier ministre Jean-Marc Ayrault s'a pas mâché ses mots. "Jean-Luc Mélenchon devrait avoir plus de lucidité. Mais c'est vrai que lorsque l'on revient de cinq semaines de vacances au Venezuela avec Hugo Chavez, on manque un peu de connaissance sur ce qui s'est passé en France et en Europe". "Jean-Luc Mélenchon confond cent jours avec cinq ans. Il n'a pas été élu président. Il n'a même pas été élu député", a conclu le premier ministre.
22 Août 2012



Intéressant, ce débat, au delà des invectives. En effet, il recoupe la ligne de fracture jacobinisme (d'essence socialiste, centralisatrice et ultra étatiste) / girondisme (qui inspire le plus souvent le centre). 
Simplement, Jean-Marc Ayrault est un girondin avec l'argent des autres, et un jacobin quand il le faut. C'est normal, Nantes est le prototype de la ville socialiste. 
La lourde histoire de la ville de Nantes (massacre des vendéens, esclavage et traite négrière) l'a fait adopté d'un bloc le jacobinisme, sans nuances ni repentir. 
La croissance de sa ville a été alimentée par l'explosion de l'emploi public

source http://www.insee.fr/fr/insee_regions/pays-de-la-loire/themes/dossiers/dossier06.pdf
C'est normal, Ayrault a poussé au maximum le système décrit par Stefanovic dans la caste des 500. Son sens aigu du cumul lui a permis de dérouter un maximum de ressources publiques vers Nantes. 

En 2009, Jean-Marc Ayrault a été classé deuxième au palmarès des as du cumul de mandats publié par le journal Le Monde. Et pour cause, voici un bon échantillon de son CV :
•             conseiller général de Loire Atlantique (de 1976 à 1982) ;
•             maire de Saint-Herblain (deux mandats, de 1977 à 1989) et de Nantes (presque quatre mandats, entre 1989 et 2012) ;
•             président du district de l’agglomération nantaise (de 1992 à 2001), puis de la Communauté urbaine Nantes-Métropole (de 2001 à 2012) ;
•             député de Loire-Atlantique (du 2 avril 1986 au 20 juillet 2012, soit pendant 26 ans) et président du Groupe socialiste à l’Assemblée nationale (de 1997 à 2012) ;
source la Gauche m'a Tuer

De 1997 à 2001, Ayrault était du coté des dépenses (Maire de Nantes,  la 6eme ville française et président du district de l'agglomération nantaise, donc en mesure de peser sur les maires de banlieue) et du coté des recettes (député de Loire Atlantique, tout en pouvant peser sur le vote de ses collègues socialistes). Un vrai baron de province qui a bien réussi sa mission locale.

Arrivé à Matignon, Ayrault poursuit un projet d'aéroport de Notre Dame des Landes que ses alliés EELV réfutent. 

La critique de Mélenchon suit celle de NKM ("Ces bourgeois de la politique qui se sont déguisés, bedaines effacées, sourires patelins, se révèlent arrogants, menteurs, tricheurs. Ils ont l'esprit de clan et veulent mettre l'Etat en coupe réglée et se servir)

Ayrault va t-il ouvrir ses oreilles ? 

mercredi 17 octobre 2012

Plus d'Etat

Ils veulent plus d'Etat !


Plus d'Etat !


Est ce que les manifestants de Notre Dame des Landes veulent encore plus d'Etat ?

lundi 8 octobre 2012

Le socialisme en chemise brune


Georges Kaplan : Benoît Malbranque, vous publiez Le Socialisme en Chemise Brune, un « essai sur les dimensions socialistes du national-socialisme hitlérien ».Bénéficiez-vous d’une protection policière ?
Benoît Malbranque : Vous pensez que je devrais ? (Rires). Non, d’ailleurs le livre relève de l’analyse historique et pas de l’essai polémique. Son objet n’est pas de dire que le socialisme est une forme de nazisme. Ce serait prendre les choses à l’envers. Mon objectif est d’apporter des réponses à une question en apparence assez banale, à savoir : Pourquoi Hitler intitula-t-il son mouvement National-Socialisme? (Nationalsozialismus).
La plupart des historiens n’ont pas voulu prendre l’idéologie nazie au sérieux et ont prétendu, sans même le prouver, que le nazisme n’avait rien à voir avec le socialisme. Pourtant, Hitler se disait lui-même socialiste, Joseph Goebbels qualifiait son idéologie de « socialisme national », l’ancien numéro deux du parti, Gregor Strasser, disait travailler à une « révolution socialiste », et dans ses mémoires, Adolf Eichmann expliqua même que sa « sensibilité politique était à gauche ». Ce sont des éléments troublants, et cela pose question.
GK : Mais en quoi, précisément, les Nazis étaient-ils socialistes ?
BM : Cela tient d’abord à l’histoire du mouvement. Quand il entra en politique, Hitler rejoignit le Parti Ouvrier Allemand, un groupuscule qui inquiétait l’armée par ses tendances communistes et révolutionnaires. Le programme politique de ce parti fut repris à l’identique quand, sous l’impulsion d’Hitler, il changea de nom pour devenir le Parti National-Socialiste des Travailleurs Allemands.
Le NSDAP se présentait comme un parti socialiste, opposé au capitalisme, à la haute finance, aux spéculateurs et aux grands patrons. Il promettait des nationalisations, l’interdiction du prêt à intérêt, l’éducation gratuite, et la mise en place d’un véritable État-Providence. Les Nazis critiquaient les sociaux démocrates au pouvoir en disant que leur soi-disant « socialisme » avait abouti à un capitalisme encore plus prédateur et esclavagiste.
GK : Oui mais ça ce sont les promesses qui n’engagent que ceux qui les écoutent – c’est un peu comme quand le PS se dit socialiste : les nazis n’ont pas nationalisé toute l’industrie allemande que je sache ?
BM : Pour Hitler, ces questions étaient inessentielles. Le régime de propriété n’importait pas. La conservation de la propriété privée n’empêchait pas l’intervention massive de l’État dans l’économie.
Et celle-ci fut effectivement massive. L’État indiquait ce qu’il fallait produire, en quelle quantité, et à quel prix. Il imposait aussi les sources d’approvisionnement et les circonstances de vente. Dès 1933, les industriels et commerçants récalcitrants furent envoyés à Dachau. L’inflation réglementaire toucha aussi le marché du travail. L’économie allemande était devenue dépendante du pouvoir centralisé de l’État nazi, qui la dirigeait par des plans quadriennaux. C’est ce que les nazis appelaient la Zwangswirtschaft, l’économie dirigée.
Enfin, Les plans de relance massifs tant promis furent mis en place par le régime. Les politiques sociales incluaient des aides aux plus démunis, des allocations par dizaine, et des réductions d’impôts pour les plus pauvres et la classe moyenne. Surtout, les Nazis ont institué un système d’État-Providence que de nombreux historiens ont comparé au Welfare State inspiré parWilliam Beveridge.
Dans Mein Kampf, Hitler avait longuement salué la nécessité d’un mouvement syndical puissant et influent. Pour en finir avec l’exploitation capitaliste, il créa ainsi un syndicat géant, le Front du Travail, et ce dès 1933. Les douze années du Troisième Reich le prouvent : le socialisme d’Hitler n’était pas un argument électoral. Comme disent les anglais, he meant it.
GK : Pourtant, ils n’entretenaient pas précisément de bonnes relations avec les partis de la gauche marxiste : au-delà de la propriété des moyens de production, ils devaient bien avoir quelques désaccords, non ?
BM : Les relations entre Nazis et communistes étaient ambigües. Les Nazis étaient antibolchéviques parce qu’ils observaient que c’était un désastre et que les dirigeants russes étaient presque tous juifs. Mais en même temps ils reconnaissaient qu’au fond leur idéologie politique était juste. Goebbels disait que le bolchevisme était « sain dans son principe » et Hitler expliquera qu’entre nazisme et bolchevisme il y avait plus de points communs que de divergences.
Dans les deux partis ont reconnaissait de profondes similarités dans les programmes politiques. De fait, les années 1920 furent marquées par des allers-retours massifs d’électeurs entre le parti nazi et le parti communiste. Les différences concernaient principalement l’internationalisme, encore que Stalinedéveloppa en URSS un « socialisme dans un seul pays ».
N’oublions pas non plus que les plus grands adversaires des marxistes étaient les sociaux démocrates. La lutte entre les différents partis du courant socialiste a toujours été très vive. Les antibolcheviques les plus acharnés d’Europe étaient les communistes Karl Kautsky et Rosa Luxembourg, et les socialistes comme Léon Blum.
Les communistes, les Nazis et les sociaux démocrates se combattaient les uns les autres parce qu’ils étaient concurrents. Les tentatives de rapprochement des uns vers les autres n’aboutirent jamais, au grand dam des Nazis. Goebbels travailla ardemment pour collaborer avec les leaders communistes et les socialistes. Dans une lettre ouverte destinée à récupérer l’électorat marxiste, il les appela même « mes amis de la gauche ».
GK : On a souvent souligné le soutien que les milieux d’affaires ont apporté aux Nazis ; ce n’est pas très cohérent avec un parti qui se réclame du socialisme…
BM : C’est une très vieille rengaine. Ce sont les soviétiques qui ont accusé en premier les Nazis d’être les agents du Grand Capital, et cette thèse a été utilisée abondamment par les historiens de l’Allemagne de l’Est. Aujourd’hui, elle est entièrement rejetée par l’historiographie du nazisme. On peut toujours citer les quelques cas individuels comme Fritz Thyssen, c’est vrai. Mais dans son ensemble, le Grand Capital resta loin d’Hitler, et appela même longtemps à lui barrer la route. Les grands industriels soutenaient en masse les partis de la droite conservatrice. Surtout depuis les travaux de l’historien américain Turner, les historiens du nazisme se sont détachés nettement de ce vieux mythe très utilisé dans les années de la Guerre froide.
GK : Vous faites un lien direct entre les politiques économiques hitlériennes et la nécessité de construire le Lebensraum, l’espace vital allemand : en quoi est-ce lié et n’y avait-il pas d’autres raisons ?
BM : Le racisme d’Hitler ne permet pas à lui seul d’expliquer correctement l’expansionnisme militaire et la construction du Lebensraum. J’ai donc essayé de déceler d’autres causes complémentaires plus significatives.
D’abord, l’ « espace vital » était un objectif de politique économique. Les Nazis essayèrent de développer l’autarcie économique par un protectionnisme massif, pour « échapper » au commerce international. C’est ce qu’expliquait déjà le philosophe socialiste Fichte, qui parlait d’ « État commercial fermé ». Il fallait étendre les frontières du Reich jusqu’à ce qu’il permette ce que Keynes appelait l’ « autosuffisance nationale ».
Entre l’expansion militaire et les politiques économiques, le lien est assez direct. La politique économique d’Hitler fut d’abord une réponse à la crise des années 1930. Le régime national-socialiste mit en place plusieurs plans de relance massifs, une politique de grands travaux issue des principes keynésiens. En parallèle, l’Allemagne se coupa du monde par un protectionnisme agressif. L’échec de ces deux politiques se traduisit par des déficits abyssaux.
À partir de 1938, Hitler expliqua que la guerre était inévitable parce que les finances du Reich étaient dans une situation trop catastrophique. L’expansion militaire fut une réponse rapidement trouvée, surtout qu’elle faisait échos aux considérations raciales du mouvement. Elle permettrait de maintenir en vie l’État national-socialiste. L’Allemagne ferait aussi un pas vers l’autarcie en constituant son « espace vital ».
Au-delà des considérations purement économiques, il est vrai également que les succès militaires pouvaient permettre de faire oublier la détérioration sensible du niveau de vie des Allemands.
GK : On a souvent tendance à réduire le nazisme à l’antisémitisme ; vous soutenez que la haine pathologique des Nazis pour les juifs trouve aussi ses racines dans leurs convictions socialistes… N’est-ce pas un peu tiré par les cheveux ?
BM : D’abord, on a toujours tort de réduire le nazisme à l’antisémitisme, bien que ce raccourci soit toujours fondé sur des sentiments très nobles de compassion vis-à-vis de l’horreur que constitue la Shoah. C’est humain, c’est compréhensible, mais cela revient à falsifier l’histoire. De nombreux Nazis ont affirmé qu’ils n’étaient pas antisémites. C’est le cas de Göring, deRibbentrop, d’Hans Frank, de von Papen, et de bien d’autres. On l’oublie souvent.
Je suis parti d’une observation : les socialistes du XIXe siècle ont été les plus grands promoteurs de l’antisémitisme, et ce de l’aveu même des historiens. Nous trouvons de l’antisémitisme chez Marx,ProudhonFourrierLerouxToussenel : les noms se pressent. Même Jean Jaurès tomba dans ce piège. Furieux contre cette tendance, Auguste Bebel, le grand leader des socialistes allemands, qualifiera l’antisémitisme de « socialisme des imbéciles ».
Là encore, c’est un constat qui pose question. Pour ces socialistes, le Juif était le représentant ultime du grand capitalisme et de la haute finance. Chez Hitler aussi, l’antisémitisme fut lié à l’anticapitalisme. Selon lui, ils dominaient les grandes entreprises, les grandes banques, et la presse. Le capitalisme était leur « création géniale » comme il le dira une fois, l’arme avec laquelle ils asservissaient le peuple allemand.
GK : Autre idée très répandue : Hitler était-il fou ?
BM : Nous aimerions tous que ce soit le cas. Les choses seraient tellement plus simples. Malheureusement, Hitler fut loin d’être un malade décérébré. Il était cultivé, maniéré, et souvent charmant. Selon les dires de son entourage, il lisait toujours au moins un livre par soir. Les témoignages dont nous disposons montrent qu’en plus d’un talent d’orateur, Hitler possédait une intelligence certaine. Ses biographes se refusent désormais à parler de folie. Hitler était un homme rationnel prisonnier dans une idéologie politique destructrice.
Les Nazis, d’une manière générale, n’étaient pas fous non plus. Le docteur Gilbert, psychologue lors du procès de Nuremberg, fit passer aux dignitaires nazis un test de QI. Ils eurent presque tous largement au-dessus de la moyenne. Selon le témoignage de Goldensohn, le psychiatre du procès, les Nazis étaient tout sauf des malades mentaux.
GK : La question qui tue : le Front National est-il national-socialiste ?
BM : Lisez le livre, et vous verrez par vous-même. Mais répondre à ce genre de questions n’est pas mon rôle. La comparaison entre le nazisme et une formation politique d’aujourd’hui, de gauche ou de droite, n’a pas sa place dans un livre d’histoire. Pour de telles questions, c’est au lecteur de se forger sa propre opinion.
Le principal problème que je soulève dans l’épilogue du livre est surtout la tendance générale de notre époque, et non le positionnement politique de telle ou telle formation politique. Mais vous avez raison, l’étude de l’histoire amène à se poser ces questions dérangeantes.
Le socialisme en chemise brune de Benoît Malbranque est téléchargeable gratuitement ici ou sur le blog éponyme.
> le blog de Georges Kaplan

mercredi 28 mars 2012

Peur sur l'accord PS -EELV ? Tu m'étonnes !


Normal.

Comme le notait très justement Jean-Louis Bourlanges, un excellent analyste politique et un Européen convaincu, l'UMPS n'a pas d'autre choix que de tendre vers ses extrêmes, eux memes tirés par la dynamique anti libérale, conservatrice et protectionniste d'un grand nombre d'électeurs.

L'UMP a un programme qui tire vers le parti de la fille à papa de Saint Cloud, d'où le malaise de NKM, tandis que le PS voit son leadership gauchiste contesté par Mélenchon, qui a exactement le même programme économique que la fille à papa de Saint Cloud : protectionnisme, ultra étatisme, socialisme à fond les ballons. 

C'est une hérésie de penser que EELV a quelque chose à voir avec Mélenchon, Arthaud, Royal, de Montebourg et autres Saint Just. EELV a gagné en 2009 en faisant campagne à fond pour l'Europe et pour l'écologie, pas pour l'ultra socialisme et une société type 1984 où un politburo aurait tous les pouvoirs. 

Où est passée la composante libérale libertaire d'EELV ? Eva Joly doit rebondir sur les quelques points positifs et différenciants de son programme : dépénalisation du cannabis, augmentation des moyens financiers de la justice, respect des traités européens (application de la rêgle d'or), régionalisme (autonomie pour la Bretagne, la Flandre, la Corse ...) et capitalisme vert. 

On a pas besoin d'un PS bis.

mardi 6 mars 2012

le fichier des gens honnêtes

Vous avez aimé le STIC ? Le Pass Navigo RFID (adopté par Jean-Paul Huchon en dépit de l'avis consultatif négatif de la CNIL) ? Vous allez adorer le fichier des gens honnêtes !


Serge Blisko dénonce les dérives qu'entrainerait... par GroupeSRC

En dehors de Serge Blisko, député (PS) du XIVeme arr, on n'a pas entendu les députés socialistes et communistes, de gauche donc soit disant humanistes, se prononcer contre cet allez simple pour 1984.

Orwell n'aurait pas pu imaginer ce fichier de 50 millions de gens avec leurs données biométriques. Même si les électeurs se souviendront des députés qui voteront pour ce fichier des gens honnêtes en Juin prochain, le problème est que le fichier, lui, aura déjà sa vie autonome.

En Juin prochain, votons pour les députés libéraux qui proposeront vraiment de protéger le citoyen de l'Etat !

mercredi 8 février 2012

Hulot : "Je n'aurais pas dû me laisser intimider"

Hulot : "Je n'aurais pas dû me laisser intimider", une interview dans le Monde qui permettra aux écolos canal historique de prendre conscience du fait que :
  • Nicolas Hulot était déterminé
  • L'ecologie et le centrisme, libéral démocrate sont tout aussi intelligents si ce n'est plus que cette alliance contre nature de l'extreme gauche et d'une certaine écologie
La phrase clef de l'interview :  Les socialistes occultent comme les autres les enjeux centraux. Je m'étonne néanmoins que des gens aussi sincèrement préoccupés par les inégalités ne comprennent pas que la crise écologique majeure que nous traversons pèsera et pèse d'abord sur les plus pauvres d'entre nous.

mercredi 4 janvier 2012

Fichier génétique FNAEG - le consensus gauche droite

Ils sont marrants, à gauche. Regardez les, nos quatre candidats à la présidentielle, (de gauche donc "humanistes"), Eva Joly (Europe Ecologie-Les Verts), Nathalie Arthaud (Lutte ouvrière), Jean-Luc Mélenchon (Front de gauche) et Philippe Poutou (Nouveau parti anticapitaliste). Ils sont tous venus soutenir le camarade Xavier Mathieu, le meneur du sac de la sous préfecture de Compiègne, poursuivi pour avoir refusé un prélévement génétique.

Le fichage génétique des délinquants est la conséquence de l'extension du FNAEG à des faits autres que les crimes. Le FNAEG est le Fichier national automatisé des empreintes génétiques, crée en 1998 par le gouvernement Jospin, au début juste pour ficher les délinquants sexuels et les assassins. Au fur et à mesure des lois, son emprise a été étendue bien au delà des seuls violeurs. Pouvait-on le prévoir ? Bien sûr, puisque dès 1999, l'extrème gauche, les associations de défense des droits de l'homme et les libéraux prévenaient des risques liés à la création d'un tel fichier : on n'a jamais vu l'Etat se restreindre, surtout quand il s'agit de sécurité.

En 2001, quand la LSQ, Loi sur la sécurité quotidienne a été votée, Eva Joly, Nathalie Arthaud, et Philippe Poutou ne faisaient pas de politique. Par contre Jean-Luc Mélenchon (Front de gauche) était membre du gouvernement.

On peut donc logiquement en conclure que non seulement sa présence aux cotés de Xavier Mathieu est purement opportuniste, mais qu'en plus, sur ce sujet comme sur tant d'autres, l'UMPS et ses deux fronts (de Gauche ou National) sont en accord sur l'essentiel : plus d'Etat, c'est mieux.



L'axe gauche droite n'est pas le bon axe de lecture de la politique, c'est la variable plus d'Etat / plus de libertés qu'il convient d'adopter.

samedi 26 novembre 2011

Philippe Poutou explose Pascale Clark en plein vol

Pour celles et ceux qui n'ont pas écouté l'interview de Philippe Poutou (NPA) par Pascale Clark (France Inter), c'est ici .
Mais quel mépris ! Va t-elle demander à chaque petit candidat de gauche, de se retirer afin de faire place nette pour le seigneur Hollande ?
Le pire est que Pascale Clark est de sensibilité de gauche, comme on dit, c'est à dire persuadée de faire les choses bien.
Qu'en conclure pour les écolos, considérés bien à tort comme des forces supplétives de la gauche ? Toujours la même chose : ils ne font pas partie de ce monde de hiérarques socialistes.

lundi 24 octobre 2011

L'avenir de l'écologie, c'est le PS ^^

Réponse d'Aurélie Filipetti à l'interview que Cécile Duflot avait donné au Journal du Dimanche et qui rappelle que EELV a des exigences claires (le retour à la retraite à 60 ans, la transition énergétique, la réforme institutionnelle, avec l’instauration de la proportionnelle, l’abrogation de la réforme des collectivités locales et la troisième phase de la décentralisation.) ?

  • L'avenir de l'écologie, c'est le PS
  • le Parti socialiste a totalement intégré la problématique environnementale dans son programme
  • Cécile Duflot ne peut pas poser un ultimatum à François Hollande ni lui poser un flingue sur la tempe
Comme rappelé à maintes reprises sur ce blog, la culture socialiste classique est incompatible avec la culture écolo.

Déjà, que les observateurs et même les militants écolos s'otent une chose de la tête : PS, gauche et écologie n'ont rien de synonyme. L'écologie n'est pas juste de gauche, elle est, d'une part, surtout ultra étatiste pour sa plus grande composante, et, d'autre part, pour une petite partie, libérale libertaire, alors que le parti socialiste est social démocrate, c'est à dire étatiste centriste mou, en prenant le pire de tous les systèmes (la flexibilité de l'économie de marché et les travers de l'ultra étatisme). Il existe un parti socialiste cohérent en France, le FN, et quelques autres socialistes cohérents, comme Chevenement, Royal ou Montebourg. Le socialisme ne peut pas se pratiquer en économie et en société ouverte. Il est forcément national, surtout dans un pays comme la France où la redistribution et le jacobinisme sont des totems.
NB : on a vu comme Eva Joly pouvait être d'accord avec L'UMP sur la question de la nationalité, par exemple.
Quand à la branche libérale libertaire des écolos, paumée dans un océan de dirigisme, elle est encore moins compatible avec le socialisme, ou alors il faudra que le PS explique que la gauche soutient le fédéralisme Européen et régionaliste et non pas le jacobinisme, le péage urbain et non pas le droit des banlieusards à aller dans le centre ville en voiture et autres.

Aurélie Filipetti, c'est cette ancienne collaboratrice de Noël Mamère, ancienne élue verte à Paris, qui a sacrifié les principes au réalisme, en allant en Lorraine (moins de concurrence que dans le Veme arr) et au PS, et qui réclame le maintien de Gandrange au lieu de proposer un plan de reconversion du site web. Forcément, au bout de 10 ans d'avenir, l'écologie est loin.

lundi 3 octobre 2011

Eva Joly d'accord avec Edouard Courtial (UMP) et JL Mélenchon

Exilés fiscaux : Eva Joly met la nationalité française dans la balance






Radio France Politique #5 - Eva Joly par radiofrance

Edouard Courtial (UMP) a déposé la semaine dernière la proposition suivante :


«Art. 23-7-1. – Le Français dont le domicile fiscal, au sens de l’article 4 B du code général des impôts, n’est pas situé en France au sens de l’article 17-4 du présent code ou dans un État-membre de l’Union européenne peut, s'il a la nationalité du pays dans lequel il réside, être déclaré, par décret après avis conforme du Conseil d'État, avoir perdu la qualité de Français s’il n’établit pas son domicile fiscal en France, nonobstant l'injonction qui lui en aura été faite par le Gouvernement. L'intéressé dispose, pour établir son domicile fiscal en France, d’un délai fixé par l'injonction, qui ne peut être inférieur à deux mois et supérieur à un an. »

Jean-Luc Mélenchon approuve. 

mercredi 28 septembre 2011

mercredi 10 août 2011

Video surveillance à Paris : Delanoé pour, les Parisiens contre !

Rien n'y fait !

Ni un rapport de la Cour des Comptes, ni les remarques de la blogosphère, ni les observations critiques des députés parisiens comme Yves Contassot (EELV, Paris XIVeme), ni le caractère prophétique de 1984 de Georges Orwell, ni les notes acerbes mais justes des libéraux (voir h16-hashtable), ni, plus fragrant, l'échec  manifeste de la vidéo surveillance déployée à grande échelle à Londres (voir Londres : la video surveillance n'empèche pas la violence sur le blog Le Parisien Liberal), au vu des émeutes de ces derniers jours, ne fera changer d'avis Bertrand Delanoé, le maire de la Capitale, de son idée de mettre 13500 caméras à Paris d'ici 2012.

Pourquoi ? Mystère.

dimanche 31 juillet 2011

Notre modèle s'est trop bien exporté

Quel modèle ? Le modèle occidental. Une famille avec peu d'enfants, une voiture, de la viande sur la table, et une empreinte écologique en hausse.
Question : l'écologie se classe à "gauche" de l'échiquier politique français. Or, la gauche française est toujours prête à vendre à son électorat des lendemains qui chantent, avec de la redistribution et des promesses de consommation à gogo. Comment le PS et les écolos vont s'entendre sur ce coup la ? Mystère.
De toutes façons, pendant qu'on discute écologie, les autres régions du monde sont elles, prêtes à tout pour accéder à notre mode de vie. Et elles ont raison.