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mardi 27 mai 2014

Les centristes : une option pour EELV, selon Jean-Vincent Placé

Jean-Vincent Placé suggère à EELV de se rapprocher du centre, dixit le Lab Europe 1 (1)!
Quel revirement !

Rappelez-vous, quand Monsieur le Sénateur allait engueuler un de ses collègues écolos, sur un marché de Villejuif, pour cause d'alliance hors gauche !






Il faut dire qu'en ce moment, les centristes ont la cote ! Pendant que Jean-Vincent Placé suggère à EELV de se rapprocher du centre, Alain Juppé se dit favorable à une «plateforme commune» avec le centre (2).

Simplement, avant qu'un rapprochement entre EELV et les centristes devienne réalité, il y aura deux étapes à passer : refonder le logiciel des écolos d'EELV, et identifier ce qu'est le centrisme.
En effet, au sein d'Europe Ecologie les Verts, il y a longtemps eu deux tendances plutôt peu compatibles sur le fond aussi bien que sur la forme : d'un coté, les libéraux libertaires tendance Daniel Cohn Bendit, fédéralistes et anti dirigisme, et, de l'autre, des communistes under cover, ultra étatistes, compatibles Front de Gauche, comme Eva Joly. Seuls la relative modération, l'opportunisme et le pragmatisme de la Firme (3) ont permis à EELV de concilier ces deux tendances. Mais que pense EELV actuellement ? Qu'il faut une Europe fédérale des régions, libérale, ou une Europe à l'image de la France, ultra jacobine, dirigiste et étatiste ?

D'autre part, quand Jean-Vincent Placé parle des centristes, il pense à Bayrou. Citons le :"Un mec qui a voté Hollande, il peut bien revenir chez nous !". Seulement, ce que Jean-Vincent Placé ignore peut être, c'est que François Bayrou est un capitaine sans navire, un général sans troupes. Les centristes sont à l'UDI (4). Le Modem n'a ni élus, ni réseau de second hand retailers, en dépit d'une image forte chez les journalistes et du soutien notable de quelques blogueurs comme l'Hérétique. S'allier à Bayrou n'est pas se rapprocher des centristes, c'est tenter de travailler avec une personne isolée mais forte du soutien corporatiste et régional d'Alain Juppé, un agrégé de lettres élu dans le sud ouest, comme le président du Modem.

En outre, l'UDI a l'écologie dans son ADN. Non seulement Jean-Louis Borloo a commencé sa carrière politique au centre et dans l'écologie en cofondant Génération Ecologie en 1990 avec Brice Lalonde (5), mais en plus les centristes ont effectué un gros travail de réflexion sur l'écologie (6), afin d'arriver à une sorte de synthèse à mi chemin entre le conservatisme du Forum Bleu/Ecologie Populaire, les positions libertariennes d'Alain Madelin (7) et les opinions ultra dirigistes d'EELV, tirée vers le bas par la vision de l'écologie selon le Front de Gauche. Dans quelle mesure Jean-Vincent Placé est-il prêt à admettre que l'Etat ne peut pas tout et que le marché peut apporter des réponses aux problématiques écolo ? EELV va t-il reconnaître que l'écologie n'est pas forcément de gauche, loin de la (8) ? 

En tout cas, la petite phrase de Jean-Vincent Placé est un bel hommage à tous ces centristes, de Nathalie Kosciusko-Morizet à Chantal Jouanno, en passant par Yann Wehrling ou Christelle de Crémiers, qui, de part leurs actions, ont tenté de faire exister sur le terrain des coopérations réelles entre les écolos et le centre.

Toujours est-il que la main tendue de Jean-Vincent Placé est à la fois tardive et prématurée. Tardive car Borloo, en construisant l'UDI, a crée une maison ouverte aux centristes mais qu'EELV a pris de haut, initialement. Prématurée car le travail de reconstruction idéologique d'EELV, de l'UDI, mais aussi du PS et de l'UMP. EELV ne doit pas se rapprocher du centre, EELV doit proposer des coopérations de projet avec le centre, un peu comme quand, à Paris, EELV et les centristes sont d'accord pour bloquer la Tour Triangle ou la destruction des Serres d'Auteuil.




(3) Le Figaro Noël Mamère « seul » contre « la firme » EELV 25 septembre 2013
(4) Le Parisien Libéral Unir l'UDI et l'UMP ? Quelle idée saugrenue ! 27 mai 2014
(7) Ecologie Libérale Pour une écologie libérale, par Alain Madelin 30 mai 2012
(8) Ecologie Libérale Les écolos ne sont pas socialistes 7 décembre 2012

vendredi 17 mai 2013

Mercredi de l'UDI du 15 mai | UDI - Paris, avec Chantal Jouanno


Le 15 mai s’est tenu un nouveau mercredi de l’UDI sur le thème :

Métropole et Développement Durable :

Comment relier l’économie, le social et l’environnemental ?

Peut-on faire de Paris un exemple ? 



Les invités étaient :
Chantal Jouanno
Ancien Ministre de l’Ecologie
Sénatrice de Paris
Conseillère régionale d’Ile-de-France
Vice-Présidente de l’UDI

Augustin Jaclin
Fondateur de Lemontri, start-up de l’économie verte

Marie-Xavière Wauquiez
Fondatrice de LPA2D, cabinet de conseil en développement durable

Plan de la salle



Synthèse du mercredi de l’UDI du 15 mai sur :
Métropole et Développement Durable ? Comment relier l’économique, le social et l’environnemental ? Peut-on faire de Paris un exemple ?

A cette question, la réponse semble être bien positive à condition d’être cohérent et déterminé à faire bouger les choses. Telle est la conclusion commune des intervenants présents à ce mercredi de l’UDI.

Chantal Jouanno, Sénatrice de Paris, a commencé son intervention par un point de vue global sur la question, rappelant que l’écologie et l’économie sont intimement liées quand on prend la peine de réfléchir à moyen et long terme. Au niveau européen, la meilleure prise en compte des questions environnementales permettrait également de développer l’indépendance de l’Union Européenne en matière de ressources naturelles indispensables au développement économique (énergies fossiles, terres rares, etc.). L’enjeu est donc bien plus large que la réduction de la place de l’énergie nucléaire dans le mix énergétique européen.

Augustin Jaclin est un des fondateurs de la société LemonTri, jeune entreprise innovante permettant d’augmenter le recyclage des déchets associés à la consommation de boissons (bouteilles et canettes) hors domicile. LemonTri, tout en étant une entreprise « classique », s’est positionnée sur le secteur de l’économie sociale et solidaire (via l’obtention d’un agrément préfectoral). Quand une entreprise installe une machine Lemontri dans ses locaux, elle permet à ses salariés de recycler leurs déchets de boisson tout en les « récompensant » pour leur bon geste. Lemontri est l’exemple « parfait » que contribuer à la préservation de l’environnement et au recyclage des déchets peut être économiquement rentable et socialement intéressant à la fois ! Des emplois sont créés et les ressources naturelles préservées ! Il y a d’ailleurs sans doute un bon potentiel à Paris car les Parisiens arrivent souvent en queue de classement en matière de tri des déchets !  Les enfants ont d’ailleurs tout compris puisque dans les stades équipés de machine, ce sont eux qui rapportent le plus d’emballages !

Arnaud Gossement est un avocat spécialisé en droit de l’environnement. De par son expérience, notamment en tant qu’ancien porte-parole de France Nature Environnement, il peut témoigner que l’échelon local (communes et intercommunalités) est le bon échelon pour agir.  Toutefois, il ne faut pas que le droit de l’environnement vienne freiner les progrès de l’écologie en favorisant notamment le syndrome Nimby « Not in my backyard », ie « je veux bien mais pas dans mon jardin ! ». Il faut donc des règles simples, accessibles et lisibles et permettant d’avancer. Dans ce même esprit, il faut favoriser les expérimentations au niveau local et utiliser les moyens de communication modernes (dont les réseaux sociaux bien entendu) pour faire circuler l’information. Il est également nécessaire, dans ce même concept de développement durable, de motiver les décisions qui sont prises pour régénérer la démocratie locale. Contrairement à ce que la morosité ambiante pourrait laisser croire, il y a beaucoup d’énergies qui demandent à s’exprimer !

Marie-Xavière Wauquiez est la fondatrice d’un cabinet de conseil en Développement durable, LPA2D, et également co-animatrice avec Hervé Barraquand de la Commission Développement Durable pour le projet de l’UDI « Grand Paris 2014 ». La commission « développement durable » compte environ 30 membres.  Ce qui est intéressant, c’est que les membres de la commission ont très vite vu le développement durable comme une thématique transversale et non pas comme un sujet à part. Il est ainsi important pour les membres de la commission que le développement durable soit intégré dans le projet comme un élément de base et non pas comme une dimension supplémentaire !

Les membres de la commission ont également tout de suite fait des suggestions de benchmarking avec d’autres mégalopoles internationales et on se rend compte que les grandes métropoles et capitales européennes ou étrangères qui ont fait le choix de la préservation de l’environnement et du lien social sont de fait devenues plus dynamiques et plus attractives ! Shanghai, capitale économique de la Chine est ainsi un bon exemple puisque la municipalité a pratiquement éradiqué les 2 Roues thermiques grâce à une taxe prohibitive. Le résultat, c’est qu’il y a des 2 roues électriques partout, ainsi que beaucoup de vélos électriques également.

Les membres de la commission ont souligné la nécessité d’une grande cohérence sur ce positionnement car le développement durable est trop souvent vu comme un prétexte, qui est rapidement évacué si cela coûte plus cher ou complexifie le projet. La commission a également insisté sur la nécessité de l’exemplarité des services de la Mairie pour pouvoir inciter efficacement les parisiens à être plus vertueux en matière de respect de l’environnement et dans les autres dimensions du développement durable.

A l’issue de la réunion, plusieurs personnes ont ainsi demandé à rejoindre la commission Développement Durable, preuve du fort intérêt que les adhérents de l’UDI Paris portent à ce thème !